Prix de toiture à Montréal : tout ce qu’il faut savoir avant de refaire votre toit plat

Je suis consciente que ce billet pourrait ne pas intéresser tout le monde, car il est spécifique au cas des toits plats au Québec. Cependant, les matériaux dont je vais parler sont aussi utilisés en Europe, puisque la membrane élastomère que nous avons choisie est fabriquée par Soprema, une entreprise française dont les produits sont utilisés mondialement dans le domaine de l’étanchéité.

Nous venons de faire refaire notre toit en membrane élastomère. Je vous avais déjà parlé de comment choisir le bon entrepreneur pour votre toiture. Maintenant que les travaux sont terminés, je peux vous dire que j’ai réussi à éviter le principal piège : mal budgéter la réfection de la toiture. Notre soumission n’a pas été dépassée d’un sou. Alors voici tout ce que vous devez savoir sur le prix d’une toiture à Montréal, version toit plat, avec tous les éléments qui font varier la facture (et ceux que personne ne vous mentionne avant de signer).

Les explications de prix de toiture en vidéo

Si vous écoutez la vidéo, je vous dévoile le prix final que nous avons payé en mai 2026. Il est bien évidemment lié à tous les éléments que j’ai détaillés ci-dessous (surface du toit, état de ma toiture antérieure, matériaux utilisés, inclusions des parapets et lanterneaux à refaire).

Comme vous allez le voir, il y a énormément de variables dans le coût d’un toit plat. Et c’est justement parce que personne ne nous les explique clairement qu’on se retrouve souvent avec des soumissions qui semblent sortir de nulle part.

1. La superficie de votre toit

Ça peut sembler évident, mais c’est la base de tout calcul : le prix d’une toiture se calcule au pied carré. Plus votre toit est grand, plus la facture totale grimpe (même si le prix unitaire a tendance à légèrement diminuer sur de très grandes surfaces). C’est le premier chiffre que tout entrepreneur vous demandera et c’est aussi la première chose que vous devez calculer avant même de comparer des soumissions.

Chez nous: 1350 pieds carrés = 125 m2 (incluant les bords)

2. Le choix du revêtement : asphalte-gravier, élastomère ou TPO

Une fois la superficie connue, le matériau de la membrane est le deuxième (et souvent le plus gros) poste de dépense. Il y a trois grandes familles.

L’asphalte-gravier (multicouche)

C’est l’option la plus économique, composée de plusieurs couches de feutre imbibées de bitume et recouvertes de gravier. Comptez généralement entre 12 $ et 18 $/pi². C’est une technique éprouvée, mais elle a tendance à être plus lourde sur la structure de l’immeuble et moins durable que l’élastomère ou le TPO.

Notre toiture asphalte-gravier faite en 2006 commençait à présenter des signes de boursouflures de l’asphalte. Les assurances ne couvrent plus un sinistre au delà de 20 ans de durée de vie de ce type de toitures. Techniquement ces toitures peuvent durer plus de 20 ans mais doivent être bien entretenues (ratisser et rajouter du gravier fréquemment pour protéger l’asphalte). On ne pose plus d’asphalte par dessus une ancienne toiture.

Si vous refaites une toiture en asphalte à Montréal, vous devrez obligatoirement opter pour le gravier blanc.

La membrane élastomère

Cela devient le standard pour un toit plat et c’est ce que nous avons choisi. La membrane élastomère est composée de deux couches de bitume modifié soudées au chalumeau, ce qui donne une étanchéité particulièrement résistante grâce aux joints fusionnés. Pour une membrane neuve, on parle d’environ 12 $ à 15 $/pi² avant taxes et pour une réfection complète (comme la nôtre, avec retrait de l’ancienne toiture), la fourchette se situe plutôt entre 15 $ et 23 $/pi² (tarification 2025).

Elle encaisse bien les cycles de gel-dégel, elle peut être réparée au chalumeau même par grand froid. Le point le plus important: elle peut être posée par dessus une autre membrane élastomère. Sa durée de vie est de 20 à 40 ans. La deuxième couche de membrane, SOPRASTAR FLAM HD GR vient avec un granulé blanc pour réfléchir la chaleur.

La membrane TPO

C’est l’option qui monte, surtout dans le commercial, mais elle reste un peu moins utilisée en résidentiel au Québec même si elle coûte généralement 15 à 20 % moins cher que l’élastomère. Deux raisons principales :

  • Le TPO est moins souple à froid. Ses joints, soudés à l’air chaud, sont plus sensibles aux contractions rapides lors des grands écarts de température.
  • Réparer du TPO en cas d’urgence hivernale, c’est compliqué et cela demandes des conditions climatiques minimales pour que la soudure tienne. Si votre toit coule en janvier, ce n’est clairement pas le moment idéal pour ce genre de réparation.

Le TPO a une surface blanche qui réfléchit la chaleur. Son autre avantage écologique est qu’étant un matériau thermoplastique, elle est entièrement recyclable en fin de vie.

3. La correction des pentes du toit

Un toit plat n’est jamais vraiment plat, il doit avoir une légère pente pour permettre à l’eau de s’écouler vers le drain de toit. Si les pentes de votre toit ne sont pas adéquates, l’eau stagne. Or l’eau stagnante est l’ennemi numéro 1 d’une toiture plate. Corriger ces pentes (souvent avec de l’isolant en biseau) demande du travail supplémentaire, donc un coût additionnel.

4. Le nombre d’épaisseurs de couches d’asphalte à retirer

Si votre toit a déjà eu une ou plusieurs réfections par le passé, il peut y avoir plusieurs couches superposées à arracher avant de poser la nouvelle. Chaque épaisseur supplémentaire représente du temps et de la main-d’œuvre en plus, généralement facturé au pied carré.

5. Les « extras » qu’on découvre seulement une fois le toit ouvert

C’est le point à retenir: une bonne partie du prix final dépend de ce que l’entrepreneur trouve une fois l’ancienne toiture retirée. Et ça, personne ne peut le prédire à 100 % avant le début des travaux. Voici ce qui peut faire grimper la facture :

  • Le pontage de bois : si le bois de la structure est pourri, fendillé ou affaibli par l’humidité, il doit être remplacé. C’est l’extra le plus fréquent et souvent le plus coûteux.
  • Les parapets (murets de bois intérieurs en contreplaqué) : si le contreplaqué des murets est dégradé, il faut le changer aussi.
  • La ventilation de l’entre-toit : si l’entre-toit doit être ventilé et qu’il ne l’est pas adéquatement, des correctifs sont facturés en extra.

Faut-il toucher à l’isolation et la ventilation de l’entre-toit d’un vieil immeuble ? Attention ! Dans les immeubles centenaires, il est recommandé de ne pas toucher à l’isolation de l’entre-toit s’il n’y a pas de problèmes connus. Si vous désirez l’améliorer, consultez un ingénieur en structure pour ne pas créer de nouveaux problèmes. Une de nos 4 soumissions reçues mentionnait: « Ajout de deux cols de cygnes afin d’assurer une ventilation uniforme dans l’entre-toit ». Finalement, nous avons retenu le conseil de notre couvreur: ne jamais ajouter de la ventilation si l’immeuble ne présente pas de problèmes (pas de glaçons en barrage, pas d’humidité aux murs, pas d’odeur de moisi, pas de dégradation visible de l’isolant).

Il n’est donc pas anodin que tout soit indiqué sur le devis avec le prix au pied carré de remplacement, pour éviter les mauvaises surprises en cours de route.

État du pontage de notre toit plat

Notre expérience concernant les frais supplémentaires facturés sur une réfection de toiture: Hourra ! Nous n’avons pas eu d’extras ! Notre couvreur avait mentionné certains extras possibles lors de sa visite notamment la réfection du bois sur les parapets. Le prix a été indiqué sur la soumission et j’ai demandé à l’inclure dans le prix final. Effectivement, il a fallu les refaire !

Si des réparations au pontage de bois s’avéraient nécessaires, le remplacement des 32 premiers pieds carrés étaient aux frais de l’entrepreneur. L’excédent m’aurait été facturé au coût de 6$ +tx du pied carré. Effectivement, nous avons eu deux planches pourries à changer. Cela tombait dans le contrat.

PS: cette phrase écrite en tous petits caractères dans le contrat varie d’une entreprise à l’autre. Sur une autre soumission: 100 pieds carrés (10 m2) auraient été fournis par l’entrepreneur et le bois supplémentaire facturé en surcharge à un taux de 4.25$ du pied carré.

6. Les solins et la corniche décorative

Les solins, ce sont ces pièces métalliques qui assurent l’étanchéité aux jonctions : murs, cheminées, parapets, puits de lumière. Ils ne sont généralement pas inclus dans le contrat de base, sauf indication contraire. Si les vôtres sont rouillés ou abîmés, prévoyez ce coût séparément.

En changeant d’un toit asphalte / gravier à une membrane élastomère, vous allez probablement faire refaire les solins sur les bords du toit.

7. Les unités de climatisation sur le toit

Si vous avez des climatiseurs ou unités de thermopompes installés sur votre toit, ils doivent être débranchés et déplacés avant le début des travaux et c’est généralement à la charge du propriétaire, pas de l’entrepreneur.

8. Remplacer les anciens chevalets électriques sur le toit

Si des fils électriques passent au-dessus ou tout près de la zone des travaux, ils peuvent devoir être protégés ou déplacés avant le début du chantier, pour la sécurité des couvreurs sur le toit.

Expérience personnelle: une des soumissions que nous avons reçue mentionnait que pour assurer la protection des travailleurs sur le toit, nous devions faire isoler les connexions électriques de façon conforme par un entrepreneur électricien avant le début des travaux.

Voici ce qu’on a découvert : si notre toit avait encore l’ancien chevalet électrique (aussi appelé trépied ou tréteau, cette structure qui supportait les fils entre le réseau d’Hydro-Québec et l’entrée électrique de la maison), un électricien appelé pour intervenir n’aurait plus le droit de simplement le réparer ou le remplacer à l’identique. Ces installations sont aujourd’hui considérées comme non conformes, et l’électricien serait obligé de tout mettre aux normes actuelles, soit en installant les câbles dans des gaines de plastique sur la façade du bâtiment.

L’estimation reçue pour ce genre de mise aux normes était d’environ 8 000 $, un montant qui semble dans la moyenne pour ce type de travaux.

Bonne nouvelle dans notre cas : le couvreur que nous avons finalement choisi a réussi à faire les travaux en déplaçant simplement les fils existants, sans déclencher cette mise aux normes. Mais si votre toit a encore ce genre d’installation électrique d’une autre époque, c’est un point à clarifier avec votre couvreur avant de signer, car l’écart de prix entre les deux scénarios est loin d’être négligeable.

9. Les puits de lumières et lanterneaux

Tant qu’à faire refaire le toit….faites refaire les anciens lanterneaux (puits de lumière). Si vous voulez rajouter des puits de lumières, c’est aussi le moment de le faire mais ces travaux devront être coordonnés avant avec un ingénieur en structure.

À ma grande surprise, les lanterneaux sont remplacés à l’identique avec la même structure métallique. Les anciennes vitres cassées sont remplacées par des plexiglass robustes. Le tout est donc plus étanche …..mais je ne suis pas sûre que cela soit le top de l’étanchéité à l’air. J’ai cru comprendre que dans les vieux immeubles, un puit de lumière trop étanche pourrait contribuer à créer beaucoup de condensation puisque toute la ventilation de la structure se verrait modifiée.

10. L’accès au toit et les conditions hivernales

Si l’accès au toit est compliqué (ruelle étroite, fils, arbres dans le chemin), ça peut avoir un impact sur la logistique et donc le prix. Avant d’accepter une soumission, un grutier doit souvent vérifier si l’installation d’un camion-grue est possible. Les conditions hivernales aussi peuvent jouer, alors gardez ça en tête si vous prévoyez des travaux en saison froide.

Est-ce qu’on a droit à des subventions pour refaire un toit plat ?

Il exister le programme de subventions Rénoplex de la Ville de Montréal. Pour un toit, le montant varie en fonction du type d’immeuble en question, ainsi que de sa valeur foncière. Pour notre immeuble nous n’y avions pas droit, hélas.

Vous pourriez aussi récupérer un montant de 50$ à 1500$ si vous améliorez l’isolation de votre toit dans le cadre du programme Rénoclimat. Cependant, l’évaluation énergétique doit avoir été recommandée avant d’entreprendre les travaux.

En résumé, le prix d’une toiture à Montréal pour un toit plat dépend d’un mélange de choix (la superficie, le matériau de la membrane) et d’imprévus (l’état réel de votre structure une fois le toit ouvert). La meilleure façon de ne pas se faire surprendre ? Choisir une entreprise qui détaille clairement chaque extra potentiel dans son devis et évalue le plus justement possible la probabilité que cela arrive. C’est exactement ce qui nous a permis de respecter notre budget au $ près.

Mais le facteur le plus important est de choisir une entreprise de toiture qui prendra le temps de bien répondre à vos questions et de tout vous expliquer. Figurez-vous que je n’ai pas choisi une des belles soumissions ultra détaillées de 7 pages que j’ai reçue, justement parce qu’elle contenait des phrases qui m’ont fait peur comme l’ajout de ventilation et le remplacement obligatoire des fils électriques.

Comme je le fais lors de gros travaux, je choisis un entrepreneur en me fiant sur les recommandations, la qualité du devis et l’expertise de la personne rencontrée. J’ai beaucoup aimé travailler avec Toitex car la personne qui est venue me rencontrer a travaillé sur mon toit. Et ça c’est vraiment rassurant !

Alors est-ce que cet article vous a aidé ? Avez-vous d’autres questions sur le sujet ?

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